C’est acté via le 49.3 : le budget 2026 introduit le « Statut du Bailleur Privé » pour remplacer le Pinel. Fini la réduction d’impôt, place à l’amortissement. Si le dispositif semble taillé sur mesure pour le Neuf, il cache plusieurs pièges techniques. Entre la base de calcul rabotée, le « flop » de l’ancien et la disparition du zonage qui rappelle les heures sombres du « De Robien », voici l’analyse sans concession pour faire le bon choix.
1. La nouvelle mécanique : L’amortissement (Sprint ou Marathon ?)
Le principe est de créer une charge fictive (l’amortissement) pour générer un déficit foncier imputable sur le revenu global.
- L’engagement : Location pendant 9 ans.
- La durée réelle de l’avantage : C’est la subtilité. Même si l’engagement fiscal est de 9 ans, l’amortissement continue bien au-delà. Tant qu’il reste de la valeur à amortir, vous créez du déficit (sur 25 ou 30 ans), à condition de continuer à respecter les plafonds de loyers.
2. Le piège de la « Base Amortissable » (Règle des 80 %)
Attention : vous n’amortissez pas le montant du chèque que vous signez.
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Exclusion du Terrain : Le foncier ne s’use pas. On considère forfaitairement que le terrain vaut 20 % du bien. Vous n’amortissez donc que 80 % de la valeur immobilière.
- Exclusion des Frais : Les frais de notaire sont exclus de la base d’amortissement.
3. La fin du Zonage : Le retour du spectre « De Robien » ?
C’est une modification majeure : le dispositif est désormais applicable sur tout le territoire, sans distinction de zones (A, B1, B2, C).
Si cette « liberté » est séduisante sur le papier, elle fait craindre aux experts un retour aux écueils du dispositif « De Robien » des années 2000.
- Le Risque : Voir fleurir des programmes de construction en « rase campagne » ou dans des villes à faible tension locative, vendus uniquement sous l’argument de la « défisc ».
- Le Danger : Acheter un produit purement fiscal sans se soucier de la demande locative réelle. Si vous ne trouvez pas de locataire (vacance locative), vous perdez l’avantage fiscal et vous vous retrouvez avec un bien invendable qui perd de sa valeur.
Le Conseil : Plus que jamais, la valeur patrimoniale et l’emplacement (l’adresse, le bassin d’emploi, les transports) doivent primer sur la carotte fiscale. Ne cédez pas aux sirènes des « packages fiscaux » dans des zones où personne ne veut habiter.
4. L’Inconnue Majeure : La Plus-Value à la revente
C’est l’épée de Damoclès qui pèse sur la rentabilité finale. La loi n’a pas encore clarifié le calcul de la Plus-Value (PV) à la sortie :
- Scénario Optimiste : On calcule la PV classiquement (Prix Vente – Prix Achat). L’avantage fiscal est acquis.
- Scénario Pessimiste (Réintégration) : L’État oblige à déduire les amortissements du prix d’achat. Votre PV imposable explose. L’avantage fiscal n’était alors qu’un prêt qu’il faut rembourser. C’est un risque majeur.
5. Dans le NEUF : Le dispositif garde son sens
Malgré la règle des 80 % et le risque de PV, le Neuf reste attractif pour gommer de l’impôt, grâce à des taux d’amortissement élevés et l’absence de travaux.
- Intermédiaire : Taux 3,5 % (Plafond avantage : 8 000 €/an)
- Social : Taux 4,5 % (Plafond avantage : 10 000 €/an)
- Très Social : Taux 5,5 % (Plafond avantage : 12 000 €/an)
Pour optimiser le plafond annuel de 8 000 € (Intermédiaire), visez un prix de revient (hors notaire) d’environ 285 000 €.
6. Dans l’ANCIEN : Pourquoi le modèle ne tient pas
Le dispositif impose 30 % de travaux et des loyers plafonnés. Comparons-le au Déficit Foncier classique (Droit commun) pour un projet à 200 000 € (dont 60 000 € de travaux).
Le Match sur 9 ans (Cash-flow)
• Nouveau Statut : Vous amortissez une base réduite (80%) à un taux faible (3%).
Résultat : 43 200 € déduits sur 9 ans.
• Déficit Foncier Classique : Vous déduisez 100% des travaux.
Résultat : 60 000 € déduits immédiatement.
Verdict : Le Déficit Foncier gagne par KO. Vous déduisez plus, plus vite, et vous restez libre de fixer vos loyers au prix du marché, sans vous enfermer dans un carcan administratif.
7. Conclusion : Investir avec discernement
- Pour le NEUF : Le Statut Bailleur Privé est un outil puissant pour réduire votre imposition globale, à condition de bien choisir l’emplacement pour éviter le piège du « De Robien » (bien inlouable en zone détendue).
- Pour l’ANCIEN : Passez votre chemin. Le dispositif est trop complexe et mathématiquement moins rentable que le Déficit Foncier classique, qui reste la voie royale pour la rénovation sans contrainte de loyer.
Ne jouez pas aux apprentis sorciers : Faites-vous accompagner. Ce nouveau dispositif offre des opportunités réelles, mais il ne tolère aucune approximation. Entre les pièges de la base amortissable, le choix crucial de l’emplacement pour éviter un « De Robien bis » et les incertitudes sur la plus-value, la marge d’erreur est inexistante.
Ne restez pas seul face à ces calculs complexes. Contactez-nous : nos experts ont déjà modélisé les scénarios pour valider la viabilité économique de votre projet, bien au-delà de la simple promesse fiscale.