Expertise validée par
Mathieu Bertrand-Demanes
Le Conseil constitutionnel tranche sur l'interdiction des meublés touristiques
Une décision majeure du Conseil constitutionnel vient de clarifier les règles d'interdiction des locations de type Airbnb, Abritel ou Booking dans les copropriétés françaises. Cette décision, rendue suite à une question prioritaire de constitutionnalité, redéfinit les conditions dans lesquelles un syndic ou une assemblée générale peut interdire ces activités lucratives.
Les nouvelles conditions d'interdiction validées
Le Conseil constitutionnel a confirmé que les copropriétés peuvent effectivement interdire la mise en location touristique de courte durée, mais uniquement sous certaines conditions strictes. L'interdiction doit être motivée par des troubles avérés de jouissance ou des nuisances répétées affectant la vie de l'immeuble. Une simple clause générale d'interdiction dans le règlement de copropriété ne suffit plus.
Cette décision impose désormais aux syndics de documenter précisément les nuisances occasionnées : bruit excessif, dégradations des parties communes, rotation importante d'occupants ou troubles à l'ordre public. 'Il ne s'agit plus d'une interdiction de principe, mais d'une interdiction justifiée', précise un juriste spécialisé en droit immobilier.
Impact pour les propriétaires du Grand Ouest
Dans les métropoles du Grand Ouest comme Nantes, Rennes ou Angers, cette décision aura des répercussions importantes. Les centres-villes historiques, particulièrement prisés par les touristes, concentrent de nombreuses copropriétés où cohabitent résidents permanents et propriétaires investisseurs. À Nantes, près de 3 000 logements sont proposés en location courte durée, principalement dans les quartiers Bouffay et Île de Nantes.
Les propriétaires nantais qui misent sur la location saisonnière devront désormais vérifier que leur copropriété n'a pas voté d'interdiction motivée. Cette vérification devient cruciale avant tout investissement locatif dans l'ancien, notamment dans les résidences du centre-ville où la demande touristique est forte mais où les nuisances peuvent justifier une interdiction.
Procédures et recours possibles
La décision du Conseil constitutionnel précise également les modalités de mise en œuvre de ces interdictions. Une assemblée générale de copropriétaires doit voter à la majorité absolue (article 25) pour interdire les locations touristiques, en se basant sur des preuves concrètes de troubles. Les propriétaires concernés disposent d'un délai de recours devant le tribunal judiciaire.
Pour les investisseurs bretons et ligériens, cette évolution juridique nécessite une vigilance accrue lors de l'acquisition d'un bien destiné à la location saisonnière. 'Il faut désormais intégrer ce risque d'interdiction dans l'analyse de rentabilité', conseille un gestionnaire de patrimoine rennais. Une copropriété peut en effet voter l'interdiction après l'achat, compromettant la stratégie d'investissement initial.
Stratégies d'adaptation pour 2026
Face à ce nouveau cadre légal, plusieurs stratégies s'offrent aux propriétaires du Grand Ouest. Premièrement, privilégier l'acquisition dans des résidences récentes où les règlements de copropriété intègrent déjà la possibilité de location courte durée. Deuxièmement, opter pour des biens individuels (maisons) échappant aux contraintes de copropriété.
Les villes côtières de Loire-Atlantique et du Morbihan, comme La Baule ou Vannes, pourraient voir leur attractivité renforcée pour les investisseurs en meublé touristique. Ces destinations offrent souvent plus de maisons individuelles et de résidences où la cohabitation avec les résidents permanents pose moins de problèmes.
Conséquences sur le marché locatif
Cette décision pourrait paradoxalement bénéficier au marché locatif traditionnel dans les grandes villes du Grand Ouest. Si certaines copropriétés interdisent massivement les locations touristiques, une partie de l'offre pourrait basculer vers la location longue durée, soulageant partiellement la tension locative dans des métropoles comme Nantes où la demande de logements étudiants et de jeunes actifs reste très forte.
Pour les propriétaires investisseurs, cette évolution impose une analyse plus fine des règlements de copropriété et une anticipation des évolutions possibles. La rentabilité d'un investissement en meublé touristique devient plus incertaine, nécessitant des stratégies de diversification entre location courte et longue durée.
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