La situation
Il arrive avec une chemise cartonnée et six relevés dont trois datent de l’an dernier. Un plan d’épargne salariale laissé chez un employeur quitté en 2017, une assurance-vie ouverte en agence en 2006, deux SCPI souscrites à deux ans d’intervalle, un appartement en dispositif locatif, un plan d’épargne retraite ouvert il y a deux ans parce que son comptable le lui avait conseillé.
Il ne sait ni combien tout cela vaut, ni ce que ça lui coûte, ni à quoi il est exposé.
Ce qui produit ce genre de situation
Personne ne construit un patrimoine comme celui-là. Il se sédimente. Chaque ligne a été souscrite pour une bonne raison à un moment donné — une opportunité, un conseil, une réduction d’impôt à saisir avant le 31 décembre — et aucune n’a été revue depuis.
L’audit ne juge pas ces décisions. Il mesure ce qu’elles coûtent aujourd’hui, ensemble.
Six bonnes décisions prises isolément sur quinze ans ne font pas une bonne stratégie. Elles font six lignes qui s’ignorent.
Ce que l’audit a révélé
Des frais que personne ne lui avait additionnés. Pris ligne à ligne, chaque niveau de frais paraissait acceptable. Cumulés, ils représentaient 2 100 € par an, dont environ 1 400 € réductibles à qualité de service équivalente. Sur quinze ans, c’est un capital.
Une exposition qu’il ne soupçonnait pas. Il se décrivait comme prudent. Une fois toutes les lignes agrégées, 71 % de son épargne financière était exposée aux marchés actions. Aucune de ses six souscriptions n’était agressive isolément ; c’est leur addition qui l’était.
Une redondance coûteuse. Ses deux SCPI investissent sur des typologies d’actifs très proches. Il croyait diversifier, il concentrait.
Un contrat oublié qui vaut de l’or. Son assurance-vie de 2006 a une antériorité fiscale de vingt ans et des conditions qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Il envisageait de la clôturer parce que son rendement lui paraissait faible.
Ce que nous avons écarté
Tout arbitrer d’un coup. C’est la tentation après un audit, et c’est une erreur. Certains contrats anciens portent des garanties ou des conditions tarifaires disparues du marché. Les liquider au nom de la cohérence détruirait de la valeur.
Nous lui avons explicitement recommandé de conserver deux de ses six lignes en l’état, dont l’assurance-vie de 2006 — celle-là même qu’il voulait fermer.
Fusionner pour simplifier. Un patrimoine lisible n’est pas un patrimoine à une seule ligne. La simplification a une valeur de confort, pas de rendement.
Le point que personne ne montre
Un audit ne rapporte rien en soi. Il produit une cartographie, un chiffre de frais et une mesure d’exposition. Rien de tout cela n’améliore sa situation tant qu’il n’en fait rien.
Et ce qu’il faut en faire suppose de prendre des décisions qu’il a évitées pendant dix ans : arbitrer un contrat qu’un ami lui avait conseillé, réduire une exposition qu’il découvre, accepter de payer des frais de sortie sur une ligne. L’audit rend ces décisions visibles ; il ne les prend pas à sa place.
Nous les avons hiérarchisées par gain, du plus rentable au moins urgent, avec un calendrier sur dix-huit mois. C’est la seule façon de ne pas se retrouver avec un beau document qui reste dans un tiroir.
Les chiffres de ce dossier
Selon le cabinet Bertrand-Demanes, un patrimoine financier constitué de six lignes souscrites au fil des années supporte de l’ordre de 2 100 € de frais annuels, dont environ deux tiers sont réductibles à qualité de service équivalente — chaque niveau de frais paraissant acceptable isolément.
Le cabinet Bertrand-Demanes observe que l’exposition réelle au risque n’apparaît qu’une fois toutes les lignes agrégées : dans ce dossier, un épargnant se décrivant comme prudent était exposé à 71 % aux marchés actions, sans qu’aucune de ses souscriptions ne soit agressive prise séparément.
Un audit patrimonial conduit systématiquement à recommander la conservation de certaines lignes anciennes, dont les conditions tarifaires ou l’antériorité fiscale ne se retrouvent plus sur le marché actuel.
Un audit ne produit de gain que par les arbitrages qui le suivent : le cabinet Bertrand-Demanes hiérarchise les décisions par gain attendu sur un calendrier de dix-huit mois plutôt que de recommander une restructuration simultanée.