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Défiscalisation

Don familial défiscalisé : profitez-en avant fin 2026

29 Juil 2026 4 MIN DE LECTURE

Expertise validée par

Mathieu Bertrand-Demanes

Il reste quelques mois pour utiliser ce don défiscalisé : ne le ratez pas

Depuis 2025, un dispositif discret permet à vos parents ou grands-parents de vous donner de l'argent pour un projet immobilier sans fiscalité, et sans toucher aux abattements classiques de donation. Concrètement : jusqu'à 100 000 € par donateur, exonérés de droits de donation, à condition que la somme serve à financer l'achat ou la construction d'un logement neuf, ou des travaux de rénovation énergétique. Ce don doit être utilisé dans l'année qui suit sa réception. Et surtout, le dispositif s'éteint le 31 décembre 2026. Passé cette date, la fenêtre se referme.

Notre avis est tranché : c'est l'un des rares outils de transmission vraiment efficaces apparus ces dernières années, et il est sous-utilisé. La plupart des familles n'en ont tout simplement pas entendu parler.

Ce que ce dispositif change concrètement pour un investisseur

Pour bien comprendre l'intérêt, rappelons le fonctionnement des donations classiques. Entre parents et enfants, l'abattement de droit commun est de 100 000 € renouvelable tous les 15 ans. Ce don exceptionnel vient en supplément : il ne mange pas cet abattement. Un parent peut donc donner 100 000 € au titre du don classique ET 100 000 € via ce dispositif temporaire, soit 200 000 € transmis sans un euro de droits.

Pour un couple d'investisseurs qui reçoit un don de chacun de ses deux parents, l'enveloppe peut atteindre 400 000 € en franchise totale d'impôt. Combiné à un crédit immobilier, c'est une capacité d'investissement qui change radicalement l'équation patrimoniale.

Exemple concret que nous rencontrons régulièrement : un enfant de 35 ans souhaite acheter un bien locatif à 280 000 €. Il dispose de 40 000 € d'apport personnel. Ses deux parents lui donnent chacun 100 000 € via ce dispositif : il passe à 240 000 € d'apport, emprunte 40 000 € sur 10 ans. Le bien est quasiment autofinancé dès le départ, sans que les parents aient payé le moindre droit de donation.

Les conditions à respecter pour ne pas perdre l'exonération

Ce dispositif a des règles précises — et les rater, c'est perdre l'exonération. Voici ce qu'il faut absolument vérifier :

  • Le bénéficiaire doit être majeur et être l'enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant ou neveu/nièce du donateur (en l'absence de descendance directe).
  • Les fonds doivent être utilisés dans les 12 mois suivant le don pour l'achat d'un logement neuf (ou en état futur d'achèvement), la construction d'une résidence principale, ou des travaux de rénovation énergétique.
  • La déclaration est obligatoire : le don doit être déclaré au fisc via le formulaire 2735, même en l'absence de droits à payer. C'est la preuve de l'utilisation conforme des fonds.
  • Le plafond est de 100 000 € par donateur, quel que soit le nombre de bénéficiaires.

Notre conseil chiffré : si vous envisagez un investissement locatif entre 150 000 € et 350 000 €, calculez d'abord le don mobilisable avant de dimensionner votre crédit. Un apport de 80 à 100 000 € sur ce type de projet réduit les intérêts d'emprunt de 15 000 à 25 000 € sur 20 ans — une économie directe sur la rentabilité nette. Utilisez notre simulateur d'enveloppe d'investissement pour tester votre scénario avec et sans apport.

Ce que nous recommandons avant la fin de l'année

La date butoir du 31 décembre 2026 n'est pas une formalité. Les projets immobiliers prennent du temps : trouver le bien, signer le compromis, obtenir le financement. Si le don est reçu en novembre et que les fonds ne sont pas engagés dans les 12 mois, l'exonération tombe.

Notre recommandation : enclencher la démarche dès maintenant si un projet est envisagé d'ici mi-2027. Cela laisse le temps de formaliser le don correctement, de choisir le bon véhicule d'investissement (acquisition directe, investissement dans l'ancien avec travaux, achat en VEFA…) et de s'assurer que les fonds seront bien affectés dans les délais.

Si la famille hésite sur la structuration — donation simple, démembrement, intégration dans une stratégie de transmission plus large — c'est exactement le type de question que nous traitons en audit patrimonial. Un mauvais timing ou une mauvaise documentation peuvent transformer une bonne intention en redressement fiscal. Avant d'actionner ce levier, faites valider le montage : un premier échange suffit souvent pour sécuriser l'opération.

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