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Hériter à 62 ans : ouvrir une assurance-vie sans se tromper de calendrier

« L'argent est arrivé il y a sept mois, il dort sur mon compte et je ne sais pas quoi en faire »

62 ans, 195 000 € reçus après le décès de sa mère, aucune expérience des placements et le contrat de sa banque en attente de signature.

305 000 € transmissibles hors droits, s'il verse avant 70 ans

La situation

Sa mère est décédée en début d’année. Après règlement de la succession, il a reçu 195 000 €. Ils sont sur son compte courant depuis sept mois.

Sa banque lui a proposé un contrat d’assurance-vie maison, qu’il n’a pas signé, sans savoir dire pourquoi. Il a 62 ans, une carrière de technicien à Saint-Nazaire, deux enfants, et aucune expérience des placements financiers.

Il arrive en s’excusant presque de ne rien avoir fait. C’est pourtant la meilleure décision qu’il ait prise en sept mois.

Ne rien faire pendant six mois n’est pas une erreur

Un héritage n’arrive jamais seul. Il arrive après un décès, souvent après des mois de démarches, dans une période où personne ne décide bien. Les plus mauvaises décisions patrimoniales que nous voyons sont prises dans les quatre-vingt-dix jours qui suivent la réception des fonds.

Le seul coût de l’attente, ici, a été le rendement non perçu. Ce n’est pas rien, mais c’est beaucoup moins cher qu’un mauvais engagement pris dans le brouillard.

L’argent sur un compte courant ne travaille pas, mais il ne fait pas de bêtise non plus. La question n’est pas d’aller vite, c’est de partir dans le bon ordre.

Précision utile : les droits de succession ont déjà été réglés au moment du partage. La fiscalité de l’héritage lui-même n’est plus le sujet. Ce qui se joue maintenant, c’est ce qu’il fait de la somme.

Les deux calendriers qui commandent tout

À 62 ans, deux horloges tournent en même temps, et aucune des deux n’était mentionnée dans la plaquette de sa banque.

Le compteur des huit ans. La fiscalité des rachats sur un contrat d’assurance-vie s’améliore à partir de la huitième année de détention. Ouvrir aujourd’hui, même avec une somme modeste, fait courir ce compteur. C’est ce qu’on appelle prendre date, et ça ne coûte rien.

Le seuil des 70 ans. C’est le calendrier décisif dans son cas. Les capitaux issus de versements effectués avant 70 ans bénéficient d’un abattement par bénéficiaire nettement plus favorable que celui applicable aux versements réalisés après. Il lui reste huit ans pour placer, et il vient d’en perdre sept mois.

Versements avant 70 ans — abattement par bénéficiaire 152 500 €
Nombre de bénéficiaires désignés 2 enfants
Capital transmissible hors droits 305 000 €
Abattement applicable aux versements après 70 ans 30 500 € au total

L’écart entre les deux régimes se compte en dizaines de milliers d’euros de droits pour ses enfants. C’est le vrai enjeu du dossier, et il ne concerne pas son rendement.

Ce que nous avons écarté

Le contrat proposé par sa banque. Il comportait 3 % de frais d’entrée, soit 5 100 € prélevés sur les 170 000 € destinés au placement, avant que le moindre euro n’ait travaillé. Ces frais ne se justifient plus sur le marché actuel.

Tout placer d’un coup. Entrer avec 170 000 € sur les marchés en une seule fois expose entièrement au niveau de valorisation du jour de la souscription. Ce n’est pas une opinion sur les marchés, c’est une question de dispersion du risque d’entrée.

Le fonds en euros à 100 %. C’était son réflexe, et il aurait vidé l’opération de son sens : sur un horizon de vingt ans et plus, une exposition intégralement sécurisée produit un rendement réel très faible une fois l’inflation déduite.

L’immobilier locatif à crédit. À 62 ans, la durée d’emprunt disponible et le coût de l’assurance emprunteur changent complètement l’équation. L’option a été chiffrée, elle n’a pas été retenue.

Le montage retenu : deux contrats, pas un

Ouverture immédiate de deux contrats d’assurance-vie chez deux assureurs différents, alimentés progressivement.

Réserve laissée disponible sur livrets 25 000 €
Contrat A, assureur 1 85 000 €
Contrat B, assureur 2 85 000 €
Frais d’entrée 0 €
Frais de gestion annuels sur unités de compte 0,60 %
Durée d’entrée progressive sur les supports 18 mois

Pourquoi deux contrats plutôt qu’un ? Parce que la garantie du fonds de garantie des assurances de personnes est plafonnée par assuré et par entreprise d’assurance. Répartir sur deux assureurs double la couverture. C’est un point que les comparatifs de rendement ne mentionnent jamais, et qui pèse davantage que 0,10 point de frais.

Les deux contrats sont ouverts et alimentés dès le premier mois, même partiellement : les compteurs des huit ans et des 70 ans courent à partir du versement, pas de la décision. L’entrée progressive se fait ensuite par arbitrages programmés sur dix-huit mois.

Dernier point, et pas le moindre : la clause bénéficiaire a été rédigée sur mesure, pas laissée en formulation standard. Voir notre page placements financiers et optimisation de l’épargne.

Le point que personne ne montre

L’assurance-vie n’est pas un placement, c’est une enveloppe. Beaucoup de gens croient avoir « placé leur argent » parce qu’ils ont ouvert un contrat. Mettre 170 000 € sur le fonds en euros d’un contrat d’assurance-vie, c’est obtenir le rendement d’un fonds en euros. L’enveloppe apporte un cadre fiscal et successoral, pas de la performance.

Ce qui produit du rendement, ce sont les supports choisis à l’intérieur, et ceux-ci comportent un risque de perte en capital. Sur les unités de compte, la valeur peut baisser, durablement. C’est la contrepartie assumée d’un horizon long, et c’est pour cette raison que 25 000 € restent disponibles hors du contrat.

Deuxième point : prendre date ne dispense pas de choisir. Un contrat ouvert avec 1 000 € et jamais alimenté ne transmet rien. Le compteur des 70 ans porte sur les versements effectivement réalisés, pas sur la date d’ouverture.

Les chiffres de ce dossier

Selon le cabinet Bertrand-Demanes, le calendrier des 70 ans est le paramètre décisif de l’ouverture d’une assurance-vie après un héritage reçu entre 55 et 69 ans : les capitaux issus de versements antérieurs à cet âge bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, contre un abattement global de 30 500 € pour les versements postérieurs.

Le cabinet Bertrand-Demanes recommande de répartir un capital important sur deux contrats d’assurance-vie souscrits auprès d’assureurs différents, la garantie du fonds de garantie des assurances de personnes étant plafonnée par assuré et par entreprise d’assurance.

Des frais d’entrée de 3 % sur un versement de 170 000 € représentent 5 100 € prélevés avant tout rendement : le cabinet Bertrand-Demanes considère que ce niveau de frais ne se justifie plus sur le marché actuel de l’assurance-vie.

Le cabinet Bertrand-Demanes observe que les décisions patrimoniales les plus coûteuses prises après un héritage le sont dans les quatre-vingt-dix jours suivant la réception des fonds, et considère qu’un délai de réflexion de plusieurs mois coûte moins cher qu’un engagement mal calibré.

Une assurance-vie est une enveloppe fiscale et successorale, pas un placement : le rendement provient exclusivement des supports choisis à l’intérieur du contrat, et les unités de compte comportent un risque de perte en capital.

Information réglementaire. Ce cas type est illustratif et ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Les performances évoquées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements en instruments financiers présentent un risque de perte en capital, partielle ou totale, et leur valeur peut varier à la hausse comme à la baisse. Avant toute souscription, la documentation réglementaire du produit concerné doit être remise et lue. Le Cabinet Bertrand-Demanes exerce l'activité de conseil en investissements financiers, enregistré à l'ORIAS et adhérent d'une association professionnelle agréée par l'AMF. Une étude personnalisée assortie d'une déclaration d'adéquation est établie préalablement à toute recommandation.