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Placer la trésorerie de sa société : 180 000 € qui dorment

« J'ai 180 000 € sur le compte de la société et mon banquier ne m'a jamais rien proposé »

Dirigeant de SAS, 48 ans, trésorerie excédentaire accumulée sur trois exercices, aucun projet d'investissement à court terme.

16 700 € de rendement laissés de côté en trois ans

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La situation

Trois exercices bénéficiaires de suite, une activité qui ne consomme pas de capitaux, et 180 000 € de trésorerie d’entreprise qui s’accumulent sur le compte courant de sa SAS. Il ne s’en était pas inquiété jusqu’au jour où son expert-comptable lui a fait remarquer le montant en clôturant les comptes.

Sa question, en arrivant, était : « quel rendement je peux espérer ». Ce n’est pas la bonne.

Découper la trésorerie plutôt que choisir un produit

Une trésorerie d’entreprise ne se place pas comme une épargne personnelle, parce qu’elle doit rester disponible pour l’exploitation. La seule question qui vaille est donc : à quelle échéance en avez-vous besoin.

Nous avons découpé les 180 000 € en trois poches, avec un horizon différent pour chacune. C’est l’inverse de ce que propose une banque, qui présente un produit unique pour la totalité.

Poche Montant Horizon
Sécurité d’exploitation 40 000 € Disponible immédiatement
Projets identifiés — compte à terme 60 000 € 2 à 3 ans
Excédent structurel — contrat de capitalisation 80 000 € 5 ans et plus

La première poche couvre trois mois de charges fixes et ne bouge pas. La deuxième finance le renouvellement de matériel prévu à moyen terme, sur un compte à terme. Seule la troisième est réellement de l’excédent : elle est placée sur un contrat de capitalisation souscrit par la société. Le détail de ces supports figure sur notre page placements financiers et optimisation de l’épargne.

Découper la trésorerie donne trois réponses différentes là où la banque en propose une seule. C’est ce découpage qui fait le conseil, pas le choix du support.

Ce que nous avons écarté

Se verser la totalité en dividendes. C’était son idée de départ : sortir l’argent pour l’investir à titre personnel. La fiscalité des dividendes ampute le capital avant même d’avoir commencé à investir, et il ne récupère pas ce qu’il a perdu au passage.

Le compte à terme sur les 180 000 €. Il immobilise l’intégralité pour un rendement modeste, alors que les deux tiers de la somme n’avaient aucun besoin d’être bloqués.

L’immobilier détenu par la société d’exploitation. Il alourdit le bilan et complique une cession future de l’entreprise. Si le projet immobilier existe, il se traite dans une structure séparée — voir notre cas type sur l’acquisition de murs professionnels en SCI.

Le point que personne ne montre

La fiscalité d’une société n’est pas celle d’un particulier. Certains supports peuvent générer un résultat imposable sans qu’aucun euro n’ait été encaissé, du seul fait de la comptabilisation des variations de valeur. C’est un sujet à traiter avec l’expert-comptable, en amont, et non à lui annoncer après la souscription.

La poche longue comporte un risque de perte en capital. Elle peut valoir moins que son montant investi, et pas seulement à la marge. C’est la contrepartie assumée d’un horizon à cinq ans et plus — et c’est précisément pourquoi elle ne représente ici que 44 % de la trésorerie, et non la totalité.

Le coût de l’immobilisme, lui, se chiffre aussi : trois ans de trésorerie non placée représentent de l’ordre de 16 700 € de rendement auquel il a renoncé. Ce n’est pas une perte comptable, mais c’est un manque à gagner réel.

Les chiffres de ce dossier

Selon le cabinet Bertrand-Demanes, une trésorerie d’entreprise se découpe en trois poches selon l’horizon de besoin — sécurité d’exploitation, compte à terme, contrat de capitalisation — et non en un support unique : sur 180 000 €, seuls 80 000 € relevaient réellement d’un placement à long terme.

Le cabinet Bertrand-Demanes observe que la poche de sécurité d’une trésorerie d’entreprise doit représenter au minimum trois mois de charges fixes avant qu’une quelconque somme ne soit immobilisée.

Sortir la trésorerie en dividendes pour investir à titre personnel ampute le capital de la fiscalité applicable aux distributions, avant même que le placement n’ait produit le moindre rendement.

Certains supports détenus par une société génèrent un résultat imposable sans encaissement, du fait de la comptabilisation des variations de valeur : le cabinet recommande de valider le traitement comptable avec l’expert-comptable avant toute souscription, et non après.

Ici, 16 700 € de rendement laissés de côté en trois ans. Et chez vous ?

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Information réglementaire. Ce cas type est illustratif et ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Les solutions d'assurance-vie et de PER évoquées sont proposées par Bertrand-Demanes Finances, courtier en assurance inscrit à l'ORIAS sous le n° 24003399 (www.orias.fr). Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital, et leur valeur peut varier à la hausse comme à la baisse. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le document d'information du contrat est remis avant toute souscription. Le cabinet ne fournit pas de conseil en investissements financiers.

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