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Quels changements apporte le projet de loi de finances pour 2024 au statut LMNP  ?

24 Jan 2024 4 MIN DE LECTURE

Expertise validée par

Mathieu Bertrand-Demanes

Loi de finances 2024 : les changements pour le statut LMNP ?

🆕 ActualitĂ©s FĂ©vrier 2024 : nouveautĂ©s LMNP

Sans ĂȘtre rĂ©volutionnaire, le Projet de loi de finances (PLF) pour 2024 apporte quelques modifications Ă  la fiscalitĂ© immobiliĂšre et certaines vont dĂ©finitivement impacter l’imposition du patrimoine des particuliers. La location meublĂ©e fait partie des sujets Ă©pineux de ce nouveau budget. AccusĂ©e d’ĂȘtre avantagĂ©e par rapport Ă  la location longue durĂ©e, elle a Ă©tĂ© l’objet de longs dĂ©bats, qui vont d’ailleurs reprendre en ce dĂ©but d’annĂ©e avec l’examen d’une proposition de loi portant sur la location courte durĂ©e. Alors, qu’en est-il ? Quelles sont les transformations attendues pour la location meublĂ©e non professionnelle en 2024 ?

La réduction des avantages sous le régime micro-BIC

Pour rappel, dans un souci d’équitĂ© fiscale, le gouvernement souhaitait limiter les avantages fiscaux de la location meublĂ©e touristique, jugĂ©s excessifs. Comment ? En les alignant sur le rĂ©gime de la location meublĂ©e simple. Dans le prĂ©cĂ©dent rĂ©gime fiscal, les locations courtes durĂ©es bĂ©nĂ©ficiaient, sous certaines conditions, d’un abattement forfaitaire majorĂ© de 71 % sur les loyers encaissĂ©s, avantage applicable aux meublĂ©s classĂ©s ou aux chambres d’hĂŽtes gĂ©nĂ©rant moins de 188 700 € de chiffre d’affaires annuel.

En comparaison, les locations classiques de longue durĂ©e, vides ou nues, bĂ©nĂ©ficient d’un abattement de 30 %, Ă  condition que les revenus fonciers annuels des propriĂ©taires ne dĂ©passent pas 15 000 €. Initialement, le gouvernement prĂ©voyait donc de supprimer l’abattement de 71 % dans le but de l’aligner sur celui applicable Ă  la location meublĂ©e classique, soit 50 %, pour les bailleurs percevant moins de 77 700 € de revenus annuels. (Source : le site la-lmnp.fr)

En revanche, une erreur s’est glissĂ©e dans le texte final, entraĂźnant alors l’adoption par inadvertance d’un amendement sĂ©natorial ramenant l’abattement forfaitaire Ă  30 % au lieu de 71 %. Cet abattement serait dĂ©sormais rĂ©servĂ© aux bailleurs gĂ©nĂ©rant un chiffre d’affaires infĂ©rieur Ă  15 000 €, contre 188 700 € actuellement. Une erreur lourde de consĂ©quences.

Le gouvernement a toutefois exprimé son intention de rectifier cette erreur. Cette régularisation pourrait certainement avoir lieu fin janvier lors du prochain examen par le Parlement de la proposition de loi visant à remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue. 

La prorogation de l’exonĂ©ration de la location de piĂšces d’une rĂ©sidence principale

Le PLF 2024 apporte aussi de bonnes nouvelles ! L’article 38 proroge par exemple jusqu’au 31 dĂ©cembre 2026 deux dispositifs d’exonĂ©ration. 

Les propriĂ©taires qui louent ou sous-louent une partie de leur rĂ©sidence principale sont Ă©ligibles Ă  une exonĂ©ration d’impĂŽt sur les revenus locatifs. Trois critĂšres sont en revanche Ă  respecter :

  1.     La ou les piÚces louées doivent impérativement faire partie de la résidence principale du loueur.
  2.     La ou les piÚces louées doivent impérativement constituer la résidence principale du locataire.
  3.     Le loyer au mÂČ ne doit pas excĂ©der un plafond annuel (199 €/mÂČ en Île-de-France et 147 € pour le reste du territoire en 2023).

À savoir : les plafonds pour l’annĂ©e 2024 ne sont pas publiĂ©s Ă  ce jour.

Un autre dispositif est Ă©galement prorogĂ© jusqu’au 31 dĂ©cembre 2026 et concerne la location de chambre d’hĂŽte. Une exonĂ©ration est, en effet, prĂ©vue en cas de location habituelle de piĂšces au sein d’une rĂ©sidence principale Ă  des personnes qui n’y rĂ©sident pas. Une condition est Ă  respecter : les revenus locatifs ne doivent pas excĂ©der 760 €/an.

MalgrĂ© toutes ces modifications, le statut LMNP offre encore une excellente optimisation fiscale. D’un point de vue lĂ©gal, le sujet fiscal des locations de courte durĂ©e est loin d’ĂȘtre clĂŽturĂ©. Toutes ces nouvelles Ă©volutions devraient ĂȘtre Ă  nouveau remises sur la table lors du prochain passage devant le Parlement, prĂ©vu fin janvier. Un dĂ©bat qui risque d’ĂȘtre houleux. 

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