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Facture électronique LMNP : que devez-vous faire en 2026 ?

6 min de lecture

Expertise validée par

Mathieu Bertrand-Demanes

Publié le

Facture électronique LMNP : ce qui change pour le loueur en meublé

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, via une plateforme agréée. Les loueurs en meublé sont concernés, y compris quand leurs loyers sont exonérés de TVA. En revanche, un loueur en meublé d’habitation classique n’a pas de facture électronique à émettre à ses locataires. Et si vous ne faites rien, l’amende n’est pas automatique : elle n’arrive qu’après une mise en demeure restée sans suite.

Facture électronique LMNP : quatre situations à distinguer

Beaucoup de loueurs lisent « facturation électronique » et pensent qu’ils vont devoir facturer leurs locataires autrement. Pour la plupart, ce n’est pas le cas. Il faut séparer deux choses : l’obligation de recevoir des factures, et celle d’en émettre.

1. La location meublée classique d’un logement

C’est le cas de la grande majorité des LMNP. La location meublée d’un logement d’habitation est exonérée de TVA (article 261 D, 4° du CGI). Vous n’avez donc rien à émettre : pas de facture électronique à votre locataire, pas de transmission de données à l’administration.

Mais la réception, elle, vous concerne. La DGFiP l’écrit noir sur blanc dans sa fiche « Facturation électronique : je suis un loueur en meublé » : bien qu’exonérés, les loueurs en meublé restent assujettis à la TVA, et il leur faut choisir une plateforme agréée pour recevoir leurs factures. Comme tout loueur en meublé a un numéro SIRET depuis son inscription au guichet unique, vous êtes dans le champ, que vous soyez LMNP ou LMP. Le statut fiscal n’est pas le critère.

2. Le meublé en résidence de services

Si votre logement est loué à un gestionnaire (résidence étudiante, seniors, EHPAD, tourisme) avec un bail commercial, vos loyers sont soumis à TVA. Vous facturez une entreprise : vous entrez donc aussi dans l’émission. Pour un loueur particulier, elle s’applique à partir du 1er septembre 2027. En pratique, c’est souvent le gestionnaire qui établit les factures de loyer pour votre compte, par un mandat d’autofacturation. Ça simplifie la tâche, mais vous restez l’émetteur au regard de la loi : vérifiez avec lui que ses factures passeront bien par une plateforme agréée.

3. La location avec services para-hôteliers

Si vous proposez, en plus de l’hébergement, au moins trois prestations parmi le petit déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, le linge de maison et l’accueil de la clientèle, dans des conditions proches de celles d’un hôtel, vous relevez de la para-hôtellerie. L’activité est alors soumise à TVA. Pour vos clients professionnels, vous émettrez des factures électroniques ; pour vos clients particuliers, vous transmettrez les données de vos ventes à l’administration (c’est ce qu’on appelle le e-reporting). Les deux obligations démarrent le 1er septembre 2027 pour une petite ou une micro-entreprise. La réception, elle, s’applique déjà.

4. Le bien détenu via une SCI

La DGFiP a publié une fiche dédiée aux SCI. Elle indique que la location d’habitation ne demande ni émission ni e-reporting, mais que les SCI, bien qu’exonérées, doivent recevoir des factures électroniques et choisir une plateforme de réception dès lors que leur assujettissement à la TVA est établi. Si votre SCI loue des logements, posez la question à votre expert-comptable : c’est lui qui sait comment elle est enregistrée.

Quelles sanctions si vous ne faites rien ?

Les amendes ont été fixées par la loi de finances pour 2026 (article 1737 du CGI). Pour la réception, rien n’est automatique : l’administration vous met d’abord en demeure de désigner une plateforme dans un délai de trois mois. L’amende n’arrive que si le manquement persiste.

Manquement Qui est visé Montant
Réception : pas de plateforme désignée Tous les loueurs en meublé Aucune amende tant que le délai de trois mois après la mise en demeure n’est pas écoulé
Réception : le manquement persiste après la mise en demeure Tous les loueurs en meublé 500 €
Réception : toujours rien après une nouvelle mise en demeure Tous les loueurs en meublé 1 000 €, à nouveau par période de trois mois
Émission : facture non électronique (à partir du 1er septembre 2027) Résidence de services, para-hôtellerie avec clients professionnels 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par année civile
E-reporting : données non transmises (à partir du 1er septembre 2027) Para-hôtellerie avec clients particuliers 500 € par transmission manquante, dans la limite de 15 000 € par année civile

Pour un loueur meublé classique, seules les trois premières lignes comptent.

L’administration a aussi annoncé une période de tolérance jusqu’à la fin de l’année 2026 : pas de sanction pour une entreprise de bonne foi qui rencontre des difficultés. Une facture reçue par mail, en PDF ou sur papier ne doit pas être rejetée pour ce seul motif. Attention quand même : un PDF envoyé par mail n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Et cette souplesse n’est ni un report ni une suspension. Elle ne couvre pas celui qui ignore l’obligation sans rien engager.

Mon avis : les grandes entreprises émettent déjà en électronique depuis septembre 2026, les artisans et les petites structures suivront en septembre 2027. Le jour où votre syndic, votre gestionnaire ou un fournisseur vous enverra une facture par plateforme, mieux vaut avoir une adresse de réception prête. Et c’est le genre de démarche qu’on règle plus sereinement avant une mise en demeure qu’après.

Que faire concrètement, et dans quel ordre ?

Voici l’ordre que je conseille aux investisseurs que j’accompagne à Nantes, Rennes et Angers.

  • Identifier votre cas : meublé classique exonéré, résidence de services, para-hôtellerie, ou SCI. Avec votre SIRET et votre bail sous la main, c’est vite fait.
  • Interroger votre expert-comptable ou le logiciel que vous utilisez pour votre déclaration : beaucoup proposent déjà une plateforme agréée ou passent par un partenaire. Si c’est le cas, c’est le chemin le plus court.
  • À défaut, choisir dans la liste officielle des plateformes agréées, tenue à jour sur impots.gouv.fr. Comparez les tarifs : certaines offrent la réception gratuitement. Une même entreprise peut d’ailleurs retenir des plateformes différentes pour la réception, l’émission et le e-reporting.
  • Prévenir vos principaux fournisseurs de votre choix : syndic, gestionnaire, artisans.

Comptez environ un mois entre la première demande et une réception qui fonctionne, le temps des échanges avec le comptable ou la plateforme. Je vous conseille donc de lancer la démarche avant la fin de l’année 2026, pendant que la tolérance de l’administration joue encore.

En résidence de services ou en para-hôtellerie, ajoutez un deuxième chantier : préparer l’émission avant le 1er septembre 2027. La plateforme choisie pour la réception peut servir de base, mais rien ne vous oblige à garder la même.

Ce sujet est administratif, pas fiscal : il ne change ni votre régime micro-BIC ou réel, ni vos amortissements. Il fait simplement partie de la bonne tenue de votre activité de loueur, au même titre que le reste de votre stratégie en investissement dans l’ancien ou vos dispositifs de défiscalisation. Si votre patrimoine mêle SCI, meublé et résidence de services, un point d’ensemble évite de découvrir l’oubli par un courrier de l’administration.

Questions fréquentes

Dois-je envoyer des factures électroniques à mes locataires ?

Non, pas pour une location meublée d’habitation exonérée de TVA. La situation change si vous louez à un gestionnaire de résidence de services, ou si vous proposez au moins trois prestations para-hôtelières : vos loyers sont alors soumis à TVA, et l’émission ou le e-reporting démarrent le 1er septembre 2027.

Je suis LMNP et exonéré de TVA : dois-je vraiment choisir une plateforme ?

Oui. La DGFiP précise que les loueurs en meublé exonérés restent assujettis à la TVA et doivent pouvoir recevoir leurs factures par une plateforme agréée depuis le 1er septembre 2026.

Le statut LMP change-t-il quelque chose ?

Non. La distinction LMNP ou LMP relève de l’impôt sur le revenu. Pour la facture électronique, ce qui compte, c’est la nature de l’activité et son régime de TVA.

Un PDF reçu par mail suffit-il ?

Non, ce n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Pendant la phase de démarrage, vous ne devez pas la rejeter pour ce seul motif, mais vous devez engager votre démarche de réception.

Sources : economie.gouv.fr, guide pratique de démarrage de la DGFiP, FAQ de la DGFiP, fiche DGFiP « Facturation électronique : je suis un loueur en meublé », articles 261 D et 1737 du Code général des impôts.

Cet article est publié à titre d’information et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.

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