Comment sont imposés les retraits d'une assurance-vie ?
Un retrait, appelé rachat, contient toujours deux parts : une partie de ce que vous avez versé, jamais imposée, et une partie de gains, seule soumise à l'impôt. Cette part de gains est proportionnelle au poids des gains dans le contrat. Sur un contrat de 120 000 € dont 90 000 € ont été versés, les gains représentent 25 % : un retrait de 20 000 € contient donc 5 000 € de gains.
| Ancienneté du contrat | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Moins de 8 ans | 12,8 %, ou barème sur option | 17,2 % |
| 8 ans et plus | Abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements et 12,8 % au-delà | 17,2 % |
La stratégie la plus simple : après 8 ans, retirer chaque année un montant dont la part de gains reste sous l'abattement. Dans l'exemple ci-dessus, jusqu'à 18 400 € par an sortent sans impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus.
Comment l'assurance-vie se transmet-elle ?
Au décès, le capital est versé directement aux bénéficiaires désignés dans la clause, hors succession. Sa fiscalité dépend de l'âge auquel les versements ont été faits.
| Versements | Abattement | Taxation au-delà |
|---|---|---|
| Avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire, sur le capital et les gains | 20 % jusqu'à 700 000 € taxables, puis 31,25 % |
| Après 70 ans | 30 500 € au total, sur les versements seulement ; les gains sont exonérés | Droits de succession selon le lien de parenté |
| Conjoint ou partenaire de PACS | Totalement exonéré | |
Ces abattements s'ajoutent à celui de la succession : chaque enfant garde en plus ses 100 000 € d'abattement sur les autres biens, s'il n'a pas déjà servi à une donation de moins de 15 ans.
Exemple chiffré : 400 000 € transmis à deux enfants
Un parent détient une assurance-vie de 400 000 €, alimentée avant ses 70 ans, et 200 000 € d'autres biens. Il a deux enfants. Chacun reçoit donc 300 000 € : 200 000 € du contrat et 100 000 € de la succession.
| Poste | Avec assurance-vie | Succession classique |
|---|---|---|
| Reçu avant impôts | 300 000 € | 300 000 € |
| Abattement assurance-vie (152 500 €) | sur 200 000 € | — |
| Taxe assurance-vie (20 % de 47 500 €) | 9 500 € | — |
| Abattement succession (100 000 €) | sur 100 000 € | sur 300 000 € |
| Droits de succession | 0 € | 38 194 € |
| Reçu net | 290 500 € | 261 806 € |
Chaque enfant reçoit 28 694 € de plus, soit 57 389 € pour les deux. L'abattement de 100 000 € joue dans les deux cas ; la différence vient de celui de l'assurance-vie, qui s'y ajoute. Sans assurance-vie, les droits portent sur 200 000 € par enfant ; avec, ils sont nuls, et seule la part du contrat au-delà de 152 500 € est taxée.
Assurance-vie ou PER ?
Les deux se complètent. L'assurance-vie laisse l'argent disponible et prépare la transmission, sans avantage fiscal à l'entrée. Le PER réduit l'impôt dès aujourd'hui, mais bloque l'épargne jusqu'à la retraite. On combine souvent les deux : le PER pour la part retraite quand la tranche d'imposition est élevée, l'assurance-vie pour les projets et la famille.