PER après 70 ans : ce qui change pour la déduction de votre foyer
Depuis le 1er janvier 2026, un versement sur un PER fait à partir de 70 ans n’est plus déductible du revenu. Pour les versements de 2026, le plafond individuel va de 4 710 € à 37 680 €, et le report des plafonds non utilisés passe de trois à cinq ans.
Le plan reste ouvert, l’avantage à l’entrée disparaît
Le PER, plan d’épargne retraite, n’est pas fermé à 70 ans. Le titulaire peut continuer à y verser. Ce qui disparaît, c’est la déduction. L’article 9 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) prévoit que les versements ne sont plus déductibles quand le titulaire a 70 ans ou plus à la date du versement. L’administration précise que la règle vaut aussi pour les versements obligatoires d’un PER d’entreprise.
Pour un couple, le point clé est dans le BOFiP, la doctrine fiscale officielle, mise à jour le 10 août 2026 : la mutualisation des plafonds devient sans objet à partir de l’imposition des revenus de l’année qui suit celle où l’un des deux atteint 70 ans. La mutualisation, c’est la possibilité pour des conjoints mariés ou pacsés d’additionner leurs deux plafonds sur une année. Elle se demande en cochant la case 6QR de la déclaration, et l’option est annuelle.
| Point | Avant 2026 | Depuis 2026 |
|---|---|---|
| Déduction des versements à partir de 70 ans | Possible | Supprimée |
| Report des plafonds non utilisés | 3 ans | 5 ans, à compter de l’imposition des revenus de 2026 |
| Plafond maximum | 37 094 € (versements de 2025, revenus de 2024) | 37 680 € (versements de 2026, revenus de 2025) |
Le maximum ne concerne que les revenus les plus élevés. Votre plafond, c’est 10 % de vos revenus d’activité de l’année précédente, retenus dans la limite de huit fois le plafond de la Sécurité sociale. Si ce calcul donne moins de 4 710 €, c’est ce plancher qui s’applique pour les versements de 2026. Les cotisations d’épargne retraite professionnelle déduites l’année précédente viennent en diminution.
Le conjoint plus jeune peut-il encore compter sur le plafond de l’autre ?
Il garde son propre plafond, calculé sur ses revenus d’activité. Par contre, il ne peut plus s’appuyer sur celui de l’autre à partir de l’imposition qui suit les 70 ans de son conjoint. Sans mutualisation, ce qui dépasse la limite individuelle n’est pas déductible, même si l’autre n’a pas utilisé la sienne. Et ce dépassement ne se reporte pas.
Concrètement, le réflexe de verser « pour le foyer » sur le PER de celui qui a le plus de marge, en additionnant les deux plafonds de tête, ne marche plus dès que l’un des deux a passé 70 ans. L’année exacte se vérifie avec les dates de naissance en main.
Le report, c’est autre chose. Depuis l’article 10 de la loi de finances pour 2026, la part de plafond non utilisée peut servir pendant cinq ans au lieu de trois, à compter de l’imposition des revenus de 2026, donc des versements de 2026 déclarés en 2027. Il reste individuel : seul celui qui n’a pas utilisé son plafond en profite, sauf mutualisation pour les couples. La mutualisation joue sur une année, le report sur plusieurs. Pour les plafonds des années passées, la durée de report se lit sur vos avis d’impôt.
Que préparer avant le 31 décembre 2026 ?
Les versements déductibles au titre de 2026 doivent être faits avant le 31 décembre. Il faut compter le temps de réunir les avis d’impôt et de faire les calculs : à fin octobre, mieux vaut ne pas attendre la dernière semaine.
L’intérêt de la déduction dépend de votre tranche marginale d’imposition, le taux appliqué à la dernière part de vos revenus. Plus elle est élevée, plus la déduction pèse. Mais il faut la comparer à la tranche que vous aurez à la sortie, puisque le capital issu des versements déduits est imposé à ce moment-là, et au fait que l’argent reste en principe bloqué jusqu’à la retraite.
- Relever les dates de naissance des deux conjoints et leurs avis d’impôt.
- Calculer le plafond individuel de chacun, sur les revenus de 2025.
- Voir si la case 6QR vous concerne, tant que la mutualisation reste possible.
- Garder les justificatifs qui distinguent versements déductibles et non déductibles.
Le dernier point compte pour la sortie. Un versement fait à partir de 70 ans est traité comme un versement pour lequel on a choisi de ne pas déduire. À la sortie en capital, la part « versements » est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les gains, eux, sont soumis au PFU, le prélèvement forfaitaire unique, avec possibilité d’opter pour le barème. En rente, c’est le régime de la rente viagère à titre onéreux. Ce n’est donc pas une épargne sans fiscalité, et l’avantage à l’entrée a disparu.
Notre page sur le PER individuel détaille le fonctionnement, et celle sur les placements financiers montre comment il s’articule avec le reste de l’épargne.
Questions fréquentes
Peut-on encore verser sur un PER après 70 ans ?
Oui. Le plan reste ouvert, seule la déduction disparaît pour les versements faits à partir de 70 ans. Ces sommes sont traitées à la sortie comme des versements non déduits.
Faut-il cocher la case 6QR chaque année ?
Oui. La mutualisation est une option à exercer chaque année en cochant la case 6QR. Elle n’a plus d’objet à partir de l’imposition qui suit les 70 ans de l’un des deux.
Sur quels revenus repose le plafond des versements de 2026 ?
Sur les revenus d’activité de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Il est diminué des cotisations d’épargne retraite professionnelle déduites ou exonérées en 2025.
Ce que j’en pense
Je commencerais par les chiffres : date de naissance de chacun, plafond individuel, impôt réellement évité. Beaucoup de couples raisonnent encore en plafond commun, alors que cette habitude s’arrête dès que l’un des deux passe les 70 ans. Je ne ferais aucun versement par réflexe de fin d’année, dans un sens comme dans l’autre. Un PER se décide sur vos vrais chiffres, pas sur une date du calendrier, et on est là pour les poser avec vous.
Sources : BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-30 ; BOFiP, BOI-ANNX-000513 ; Légifrance, loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.
Cet article est publié à titre d’information et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.
Informations générales, à jour à la date de publication ou de mise à jour indiquée, qui ne constituent pas une consultation fiscale ou juridique. Les règles citées peuvent évoluer. Bertrand-Demanes Finances est courtier en assurance, inscrit à l'ORIAS sous le n° 24003399.
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