Sommaire du guide
Pourquoi la SCI séduit les investisseurs
Investir dans l’immobilier par une société civile immobilière (SCI) permet d’acheter à plusieurs sans les blocages de l’indivision, de choisir la fiscalité des loyers et de préparer la transmission de son patrimoine. Couples non mariés, parents qui veulent associer leurs enfants, frères et sœurs, amis qui investissent ensemble : la SCI offre à chacun un cadre écrit, souple et durable.
Elle n’est pas pour autant la bonne réponse à tous les projets. Elle a un coût, demande une gestion rigoureuse et, mal choisie, peut alourdir l’impôt au lieu de l’alléger. Ce guide détaille son fonctionnement, sa création, la fiscalité à l’IR et à l’IS avec un exemple chiffré, le financement, la transmission et les pièges à éviter, à jour des règles 2026.
Repères fiscaux 2026
- 15 %d’impôt sur les sociétés jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà
- 31,4 %de prélèvement forfaitaire sur les dividendes versés par une SCI à l’IS en 2026
- 100 000 €d’abattement par parent et par enfant tous les 15 ans pour donner des parts
- 5 %de droits d’enregistrement sur une cession de parts de SCI
Sources : Code général des impôts (art. 219, 200 A, 779, 726) ; loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Avant d’entrer dans le détail, cette courte vidéo des notaires du Grand Paris résume les fondamentaux de la SCI en deux minutes :
Vidéo : « Constituer une SCI », Notaires du Grand Paris.
Qu’est-ce qu’une SCI et comment fonctionne-t-elle ?
Une SCI est une société civile dont l’objet est d’acquérir, de gérer et de louer un ou plusieurs biens immobiliers. C’est elle qui est propriétaire des biens, et non les personnes. Les associés détiennent des parts sociales, en proportion de leurs apports, et désignent un ou plusieurs gérants qui administrent la société au quotidien.
Les statuts
Ils fixent l’objet de la société, la répartition des parts, les pouvoirs du gérant, les règles de vote et les conditions d’entrée et de sortie des associés. C’est le document le plus important de la SCI.
Au moins deux associés
Une SCI compte au minimum deux associés, personnes physiques ou sociétés, sans maximum. Deux époux ou deux partenaires de PACS peuvent créer une SCI ensemble.
Un capital libre
Aucun capital minimum n’est imposé. Il peut être symbolique, mais un montant cohérent avec le projet, souvent de 1 000 à 5 000 € en numéraire, rassure la banque. Il peut être fixe ou variable.
Un gérant
Associé ou non, il agit au nom de la société dans la limite de l’objet social et des pouvoirs prévus par les statuts. Les décisions importantes (vente, emprunt) reviennent en général à l’assemblée des associés.
Une responsabilité indéfinie
Les associés répondent des dettes de la société au-delà de leur apport, en proportion de leurs parts. Les créanciers doivent d’abord poursuivre la SCI, mais la société civile ne protège pas comme une société commerciale.
Une durée longue
La durée est fixée par les statuts, au maximum 99 ans. Le décès d’un associé ne dissout pas la société : ses parts passent à ses héritiers, sous réserve des clauses d’agrément.
Le grand principe de la SCI est la dissociation entre le pouvoir, qui appartient au gérant, et la propriété, répartie entre les associés. C’est ce qui la rend précieuse pour une famille ou des amis : chacun sait qui décide, qui possède quoi et comment sortir. Ce mode de détention est d’ailleurs de plus en plus utilisé hors du cercle familial, par des amis qui achètent ensemble un appartement locatif ou une maison de vacances.
La SCI n’est pas un outil de spéculation : sa vocation est de détenir et de transmettre des biens dans la durée. Une société qui achète et revend des biens de façon habituelle sort de l’objet civil et devient imposable à l’IS, voire commerciale.
Création d’une SCI : comment créer une SCI ?
La création d’une SCI suit un cadre simple mais rigoureux, en quatre étapes :
- Définir le projet et le capitalQui sont les associés, quels biens la SCI achètera, quels apports chacun fait (en argent ou en biens), quel régime fiscal viser.
- Rédiger les statutsRépartition des parts, gérance, durée, siège social, règles de majorité, clauses d’agrément et de sortie. Les statuts sont signés par tous les associés.
- Déposer le capital et publier l’annonceLe capital est versé sur un compte ouvert au nom de la société, qui servira ensuite à tous les flux (loyers, charges, travaux, échéances). Une annonce légale paraît dans un journal du département du siège.
- Immatriculer la sociétéPar le guichet unique des formalités d’entreprises, en ligne. Le greffe délivre ensuite l’extrait Kbis, la carte d’identité de la société.
Il faut compter quelques jours pour rédiger et signer les statuts, puis une à deux semaines pour l’annonce légale et l’immatriculation. Le coût va de quelques centaines d’euros avec des statuts types à plus de 1 500 € avec un notaire ou un avocat qui rédige des statuts sur mesure, ce que nous recommandons dès qu’une transmission ou des apports inégaux sont en jeu. Une erreur dans les statuts peut avoir des conséquences fiscales ou successorales lourdes, longtemps après la création.
Créer la SCI avant d’acheter
Créer la SCI avant l’achat reste le montage le plus fluide : la société achète directement le bien, et les frais de notaire sont les mêmes qu’en direct. Apporter ensuite un bien que l’on possède déjà est plus coûteux : l’apport passe chez le notaire, supporte des droits et des frais, et peut déclencher l’imposition d’une plus-value comme une vente. C’est pourquoi le mode de détention se décide en amont du projet. Notre page sur les frais de notaire détaille ce que coûte un achat en 2026.
Apports, compte courant et « SCI évolutive »
Il faut distinguer trois choses. Les apports en numéraire (de l’argent) et les apports en nature (un bien) forment le capital et donnent droit à des parts. Le compte courant d’associé correspond aux sommes qu’un associé prête à la société, par exemple pour financer un apport à la banque ou des travaux : il ne donne pas de parts supplémentaires, mais la SCI doit les lui rembourser.
La confusion entre les deux est un piège classique. Des parents qui financent l’achat d’une SCI où leurs enfants sont associés détiennent une créance en compte courant : à leur décès, elle fait partie de leur succession et peut être taxée. Une rédaction précise des statuts et une comptabilité claire évitent les mauvaises surprises. Prévoyez aussi dès la création l’arrivée possible de nouveaux associés (conjoint, enfant majeur), les pouvoirs de la gérance en cas d’incapacité et les conditions d’agrément.
Comment créer une SCI familiale ?
La « SCI familiale » n’est pas une catégorie juridique : c’est une SCI ordinaire dont les associés sont membres d’une même famille, parents, enfants, conjoints, frères et sœurs. Sa création suit les mêmes étapes, mais ses statuts poursuivent deux objectifs :
Organiser la gestion
Un bien commun, maison de famille ou immeuble locatif, est géré par un gérant désigné, avec des règles écrites : qui décide des travaux, comment se répartissent les loyers, comment un associé peut sortir.
Préparer la transmission
Les parents donnent progressivement des parts à leurs enfants, en profitant des abattements renouvelables, tout en gardant la gérance et donc le contrôle du patrimoine.
Filtrer les entrées
Une clause d’agrément évite qu’un gendre, une belle-fille ou un héritier non impliqué devienne associé sans l’accord des autres, par une vente de parts ou une succession.
La SCI familiale est souvent associée au démembrement des parts : les parents conservent l’usufruit, donc les loyers et le droit de vote sur les décisions courantes, tandis que les enfants reçoivent la nue-propriété. La donation porte alors sur une fraction seulement de la valeur des parts, fixée par un barème selon l’âge de l’usufruitier.
Une SCI familiale qui loge gratuitement un associé ou un membre de la famille reste possible, mais elle ne peut pas déduire ses charges ni opter pour l’IS dans de bonnes conditions. Pour un investissement locatif, le bien doit être loué à un tiers, avec un vrai bail et un loyer de marché.
Nous comparons avec vous l’achat en nom propre, en SCI à l’IR et en SCI à l’IS, revente comprise, avant de passer chez le notaire. Premier rendez-vous offert.
Pourquoi investir dans l’immobilier grâce à une SCI ?
Investir à plusieurs
Les associés mutualisent leurs apports et leurs capacités d’emprunt, accèdent à des biens plus importants et partagent les risques. Chacun détient des parts à hauteur de sa mise.
Éviter les blocages de l’indivision
En indivision, chacun peut demander le partage à tout moment et la vente exige l’unanimité. Dans une SCI, les statuts fixent les majorités et les conditions de sortie : un associé qui veut partir vend ses parts, sans forcer la vente du bien.
Choisir sa fiscalité
Impôt sur le revenu par défaut, avec le déficit foncier et la plus-value des particuliers, ou impôt sur les sociétés avec l’amortissement du bien. Le choix se calcule selon le projet.
Transmettre progressivement
On donne des parts, et non des mètres carrés : la transmission peut s’étaler sur plusieurs années et plusieurs donations, en gardant le contrôle par la gérance.
Répartir les rôles
L’un suit les travaux, l’autre la gestion locative, un troisième la comptabilité. Les décisions se prennent en assemblée, avec un procès-verbal et un budget : la gouvernance est simple, mais écrite.
Réduire la valeur transmise
Une SCI qui détient un bien acheté à crédit a une valeur nette faible tant que le prêt court : on transmet les parts sur cette base, puis la valeur se reconstitue chez les enfants au fil des remboursements.
Attention aux montages inadaptés : donner des parts d’une SCI qui achète à crédit un bien occupé gratuitement par les parents est souvent contre-productif. Les échéances payées par les parents après la donation peuvent être requalifiées en donations indirectes et réintégrées dans la succession. Le levier de la dette fonctionne quand ce sont les loyers qui remboursent le prêt.
Fiscalité : SCI à l’IR ou à l’IS ?
C’est la question stratégique par excellence, et un choix difficile à défaire : l’option pour l’IS ne peut être révoquée que dans les cinq premières années. Elle influence la rentabilité pendant toute la détention, mais aussi, et surtout, à la revente.
La SCI à l’impôt sur le revenu
C’est le régime par défaut. La SCI est dite « transparente » : chaque associé déclare sa part des revenus fonciers dans sa propre déclaration, imposée à sa tranche marginale plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Les associés bénéficient du déficit foncier, imputable jusqu’à 10 700 € par an sur leur revenu global, et de la plus-value des particuliers à la revente : exonération d’impôt après 22 ans de détention, de prélèvements sociaux après 30 ans. Le micro-foncier n’est en principe pas accessible aux revenus d’une SCI : c’est le régime réel qui s’applique.
La SCI à l’impôt sur les sociétés
Sur option, la SCI devient une entité fiscale autonome. Elle tient une comptabilité commerciale, déduit toutes ses charges et surtout amortit le bien (hors terrain), en général sur 25 à 40 ans. Son bénéfice est taxé à 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %. En contrepartie, la plus-value de revente est calculée sur la valeur nette comptable, après déduction des amortissements, sans abattement pour durée de détention. Et pour récupérer les bénéfices, la SCI doit verser des dividendes, soumis en 2026 au prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
| Critère | SCI à l’IR | SCI à l’IS |
|---|---|---|
| Imposition des loyers | Chez chaque associé, à sa tranche marginale + 17,2 % | Dans la société, à 15 % puis 25 % |
| Amortissement du bien | Non | Oui, hors terrain |
| Déficit | Déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 € | Reportable sur les bénéfices futurs de la société |
| Plus-value à la revente | Régime des particuliers, exonérée après 22 et 30 ans | Calculée après amortissements, sans abattement |
| Sortie de l’argent | Libre, l’impôt est déjà payé | Dividendes taxés à 31,4 % |
| Comptabilité | Simple, recettes et dépenses | Commerciale, bilan annuel, expert-comptable |
Cas pratique chiffré : IR ou IS sur un bien locatif
Deux associés imposés dans la tranche à 30 % achètent en SCI un petit immeuble de 300 000 €, loué nu. Chaque année : 18 000 € de loyers, 5 000 € de charges (assurances, taxe foncière, gestion, entretien) et 6 000 € d’intérêts. Le résultat avant impôt est de 7 000 €. Ils revendent au bout de 20 ans pour 360 000 €.
| Sur 20 ans | SCI à l’IR | SCI à l’IS |
|---|---|---|
| Impôt sur les loyers, par an | −3 304 € | 0 € |
| Impôt sur les loyers, sur 20 ans | −66 080 € | 0 € |
| Impôt sur la plus-value de revente | 0 € | −60 750 € |
| Total, argent laissé dans la SCI | −66 080 € | −60 750 € |
| Pour distribuer le produit aux associés | Rien de plus | 31,4 % des sommes versées |
À l’IR, le résultat de 7 000 € supporte chaque année 47,2 % d’impôt et de prélèvements sociaux. À l’IS, un amortissement d’environ 10 000 € par an efface le bénéfice : la société ne paie rien, mais la valeur comptable du bien tombe à 100 000 € en 20 ans. À la revente, la plus-value taxée est donc de 260 000 € à l’IS. À l’IR, le prix d’achat est majoré de forfaits de 7,5 % pour les frais d’acquisition et de 15 % pour les travaux, puis la plus-value est abattue selon la durée de détention : ici, elle est nulle. Et à l’IS, chaque euro distribué aux associés supporte encore 31,4 %.
Moralité : l’IS est pertinent quand on veut capitaliser dans la société pour rembourser vite ou réinvestir, quand on rénove beaucoup ou qu’on transmettra les parts sans revendre. L’IR reste très compétitif pour une détention longue avec revente, surtout avec des travaux qui créent du déficit foncier. Dans le doute, seule une simulation sur 15 à 20 ans, revente comprise, permet de trancher.
Ces choix doivent aussi coller à l’usage du bien. Une SCI qui détient une résidence principale ou une maison de famille ne doit en principe jamais passer à l’IS : la revente serait lourdement taxée. Et une SCI à l’IR ne doit pas louer en meublé de façon habituelle : cette activité est commerciale et entraîne l’assujettissement à l’IS. Pour louer meublé, on choisit plutôt la location meublée (LMNP) en nom propre, ou une SCI à l’IS. Notre guide sur la rentabilité nette d’impôt compare ces régimes sur un exemple.
Faut-il investir en SCI ou en nom propre ?
C’est un dilemme fréquent. Investir en nom propre est plus simple et moins coûteux ; la SCI apporte de la souplesse, au prix d’une gestion plus rigoureuse.
| Votre situation | Notre lecture |
|---|---|
| Vous investissez seul, ou en couple marié | Le nom propre suffit souvent, avec la location meublée ou le déficit foncier selon le bien |
| Vous achetez à deux sans être mariés, avec des apports différents | La SCI protège chacun, à condition de prévoir l’agrément et la sortie |
| Vous voulez associer vos enfants ou préparer une transmission | La SCI familiale, éventuellement avec démembrement des parts |
| Vous louez meublé | LMNP en nom propre en général ; une SCI à l’IR est à proscrire |
| Vous rénovez un immeuble entier pour le louer nu | SCI à l’IR pour le déficit foncier, ou à l’IS si vous capitalisez |
| Vous achetez votre résidence principale | En direct, de préférence (IFI, protection du conjoint) |
La SCI demande des assemblées annuelles, des procès-verbaux, un compte bancaire dédié et une comptabilité. Le choix dépend donc du projet, du nombre d’investisseurs et de l’horizon patrimonial. Pour un couple, notre guide investir en couple compare l’achat en indivision et en SCI selon votre statut.
Financement bancaire : comment les banques lisent une SCI
Le banquier regarde une SCI comme un petit projet d’entreprise. Il apprécie des statuts clairs, un prévisionnel locatif prudent (loyers nets de vacance, charges, travaux), un compte dédié et des associés solides. La plupart des banques demandent la caution personnelle des associés, et prennent une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers sur le bien, parfois un nantissement des parts.
La banque analyse aussi l’endettement global de chaque associé : une SCI ne contourne pas la limite de 35 % d’effort. Un apport couvrant au moins les frais d’acquisition reste la norme en 2026. Une assurance emprunteur sur chaque associé, une assurance propriétaire non occupant et un coussin de trésorerie dans la société rassurent et stabilisent l’investissement. Notre guide sur le financement d’un investissement locatif détaille les conditions des banques en 2026.
Acheter une SCI existante
Il est possible de racheter les parts d’une SCI déjà créée, par exemple pour reprendre un immeuble ou une structure familiale. On achète alors une société, avec son passé : l’audit porte sur le bien, mais aussi sur la société elle-même.
Les statuts et les assemblées
Clauses d’agrément, règles de majorité, objet social, procès-verbaux des dernières années, litiges éventuels entre associés.
Les comptes
Bilans et liasses fiscales si la SCI est à l’IS, comptes courants d’associés à rembourser, emprunts en cours, dettes fournisseurs.
Le bien et les baux
Diagnostics techniques (DPE, amiante, électricité, plomb), baux et annexes, cohérence des loyers avec le marché, travaux votés en copropriété.
La fiscalité latente
À l’IS, la plus-value déjà accumulée dans le bilan sera taxée lors d’une future revente : elle doit se retrouver dans le prix des parts.
La cession de parts d’une SCI supporte des droits d’enregistrement de 5 %, calculés sur la valeur des parts, donc après déduction du passif de la société. Quand la SCI est endettée, ces droits peuvent être inférieurs aux frais d’un achat en direct. C’est un paramètre clé de l’arbitrage entre acheter les murs ou acheter la société, à étudier avec un notaire ou un avocat spécialisé.
Comptabilité et accompagnement professionnel
Même civile, une SCI doit tenir des comptes clairs et réunir ses associés au moins une fois par an pour approuver la gestion. À l’IR, une comptabilité de trésorerie (recettes et dépenses) suffit, et la SCI dépose chaque année une déclaration de résultat n° 2072 qui répartit les revenus entre associés. À l’IS, la comptabilité commerciale est obligatoire : bilan, compte de résultat, amortissements, liasse fiscale.
Le recours à un expert-comptable n’est pas imposé par la loi, mais il devient indispensable à l’IS et reste un vrai confort à l’IR. Comptez quelques centaines d’euros par an à l’IR, de 1 000 à 2 000 € à l’IS. Une tenue rigoureuse protège aussi les associés en cas de succession : apports, comptes courants, remboursements et dépenses engagées pour la société doivent être parfaitement documentés, car ils déterminent les droits de chacun.
Transmission et succession
C’est sans doute l’un des plus grands avantages de la SCI : elle permet de transmettre un patrimoine immobilier sur plusieurs générations sans passer par l’indivision. Les parents donnent leurs parts progressivement, profitent des abattements fiscaux de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans, et conservent la gérance.
Le démembrement des parts
Les parents gardent l’usufruit, donc les loyers, et donnent la nue-propriété. Au décès de l’usufruitier, les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits de succession supplémentaires.
La décote des parts
Des parts minoritaires, peu liquides ou soumises à agrément valent moins que la quote-part du bien : une décote de 10 à 15 % est souvent admise si elle est justifiée.
L’effet de la dette
Les parts sont évaluées actif moins passif. Tant que le prêt court, la valeur transmise est réduite d’autant, et les loyers remboursent ensuite le crédit au profit des enfants.
En cas de décès, la société continue : le bien n’est pas bloqué et le gérant continue d’encaisser les loyers et de payer les charges. Les statuts peuvent prévoir des clauses d’agrément ou de préemption pour éviter qu’un héritier non impliqué entre dans la société, et organiser la gérance en cas d’incapacité d’un associé. Toutes ces opérations se documentent et se justifient : c’est là que le notaire fait gagner à la fois en sérénité et en exactitude.
Ne logez pas votre résidence principale dans une SCI sans y avoir réfléchi. Vous perdez l’abattement de 30 % sur sa valeur pour l’impôt sur la fortune immobilière, et le conjoint survivant perd le droit automatique au logement qu’il aurait sur un bien détenu en direct : en SCI, tout dépend des statuts.
Les erreurs les plus fréquentes
Des statuts types sans adaptation
Les modèles en ligne ignorent l’agrément, la sortie, la gérance en cas de décès. C’est la principale source de conflits entre associés.
Louer meublé dans une SCI à l’IR
L’activité devient commerciale : la SCI bascule à l’IS, avec des conséquences lourdes à la revente.
Opter pour l’IS sans simuler la revente
L’économie d’impôt pendant la détention peut être largement reprise par la plus-value et les dividendes.
Mélanger les comptes
Payer des charges de la SCI depuis un compte personnel brouille les apports et les droits de chacun.
Oublier le compte courant dans la succession
Les sommes prêtées par les parents restent une créance taxable à leur décès.
Négliger l’assemblée annuelle
Sans approbation des comptes ni procès-verbaux, la SCI s’expose à des contestations et perd sa crédibilité auprès de la banque et de l’administration.
Comment nous vous accompagnons
Notre rôle est de vérifier, chiffres à l’appui, que la SCI sert votre projet. Avec notre outil de simulation, nous comparons sur 20 ans, revente comprise, l’investissement en nom propre (location nue ou meublée), en SCI à l’IR et en SCI à l’IS, selon vos revenus et vos objectifs. Nous vous aidons ensuite à préparer les questions à poser au notaire ou à l’avocat qui rédigera les statuts, et nous plaçons l’assurance emprunteur de chaque associé en tant que courtier en assurance. La rédaction des statuts et le conseil juridique relèvent de ces professionnels.
En résumé
La SCI est un cadre juridique et fiscal souple, protecteur et évolutif : gestion à plusieurs, transmission progressive, fiscalité au choix. Elle est particulièrement utile pour des concubins, des familles et des associés qui investissent ensemble. Mais elle doit être créée et gérée avec rigueur, avec des statuts sur mesure, un régime fiscal choisi après simulation et une comptabilité tenue. Bien pensée, elle permet de bâtir un patrimoine locatif durable et de le transmettre dans de bonnes conditions.
Questions fréquentes sur la SCI
Faut-il être deux pour créer une SCI ?
Oui, une SCI compte au moins deux associés, personnes physiques ou morales. Deux époux, deux partenaires de PACS, un parent et son enfant peuvent créer une SCI ensemble. Il n’y a pas de nombre maximum.
Combien coûte la création d’une SCI ?
De quelques centaines d’euros avec des statuts types (annonce légale, frais d’immatriculation) à 1 500 € ou plus avec des statuts sur mesure rédigés par un notaire ou un avocat. Il faut y ajouter la comptabilité annuelle, surtout à l’IS.
SCI à l’IR ou à l’IS : que choisir ?
L’IR convient à une détention longue avec revente et aux projets avec travaux qui créent du déficit foncier. L’IS convient quand on capitalise les loyers dans la société pour rembourser ou réinvestir. La plus-value et les dividendes pèsent lourd à l’IS : une simulation sur 15 à 20 ans est indispensable.
Peut-on louer meublé avec une SCI ?
Une SCI à l’IR ne doit pas louer meublé de façon habituelle : cette activité est commerciale et la fait basculer à l’IS. Pour louer meublé, on investit plutôt en nom propre sous le statut LMNP, ou dans une SCI qui a opté pour l’IS.
Peut-on revenir à l’IR après avoir opté pour l’IS ?
Seulement pendant les cinq premières années suivant l’option, et une seule fois. Passé ce délai, l’option pour l’IS est définitive.
La SCI permet-elle de payer moins de droits de succession ?
Elle permet surtout de transmettre progressivement : donations de parts tous les 15 ans avec l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, démembrement des parts, décote éventuelle et prise en compte des dettes de la société. Elle ne supprime pas les droits, mais elle les étale et les réduit.
Les associés sont-ils responsables des dettes de la SCI ?
Oui, de manière indéfinie, en proportion de leurs parts, mais seulement après que le créancier a vainement poursuivi la société. La banque demande en outre souvent la caution personnelle des associés.
Une SCI peut-elle bénéficier du déficit foncier ?
Oui, une SCI à l’IR qui loue nu et réalise des travaux crée un déficit foncier que chaque associé impute sur son revenu global, à hauteur de ses parts et dans la limite de 10 700 € par an.
Un conseiller simule votre projet sur 20 ans, revente comprise, à Nantes, Rennes, Angers ou en visio.
- Investir en couple
- Financer un investissement locatif
- Calculer la rentabilité de son investissement
- Les frais de notaire en 2026
- Calculer une plus-value immobilière
- Les assurances de l’investisseur
- Le conseiller en gestion de patrimoine
Sources : Notaires du Grand Paris, Constituer une SCI ; Notaires de France, la SCI familiale ; Service-public.fr, société civile immobilière.
Informations générales, à jour en octobre 2026, qui ne constituent pas une consultation juridique et ne remplacent pas l’avis de votre notaire, avocat ou expert-comptable. Les exemples chiffrés sont illustratifs et simplifiés ; les règles fiscales citées peuvent évoluer. Bertrand-Demanes Finances est courtier en assurance, inscrit à l’ORIAS sous le n° 24003399 (www.orias.fr).
Un guide donne les règles. Un rendez-vous les applique à vos revenus, votre impôt et votre projet, chiffres à l'appui.
- Vous nous appelezou réservez un créneau, à Nantes, Rennes, Angers ou en visio.
- On fait le calculavec vos chiffres : budget, effort d'épargne, impôt.
- Vous décidezsur pièces, sans engagement. Le premier rendez-vous est offert.